SITE DE LA FAMILLE COSMAO DUMANOIR
 

Date de la dernière mise à jour : 05.05.2007
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ZÉLIE COSMAO KERJULIEN épouse BAZOCHE (1797 - 1873)

SOMMAIRE :

  1. Biographie
  2. Descendance
  3. La lettre de Sainte-Hélène
  4. Prière

1. BIOGRAPHIE

Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur la vie de Zélie Marie Félicie, fille aînée de Julien Marie Cosmao Kerjulien et de Marie Josèphe Victoire Bayle (1774 - 1813), née à Brest, le 29 mai 1797, soit six ans après le mariage de ses parents.
Dans son enfance, elle dut suivre les pérégrinations de ses parents, au rythme des affectations de son père, d'abord à Brest, à Toulon, puis à Anvers où mourut sa mère, le 4 mai 1813. Elle n'avait alors pas tout à fait 16 ans et sa petite sœur Elise moins de 2 ans.
C'est leur oncle Jean Marie Cosmao Kermenguy, commissaire de marine, qui les recueillit, à Lorient d'abord, puis sans doute, à Rochefort où il fut affecté ensuite.
On ne sait à quelle occasion, avant ou après la mort de sa mère, elle rencontra Charles Bazoche, son futur époux, peut-être à Lorient où ce dernier était affecté à cette époque.
Toujours est-il qu'ils se marièrent à Brest, le 21 mai 1815 (elle avait 18 ans et son mari 30), alors que son père était Préfet Maritime. On dit dans la famille, spécialement Marcel Cosmao Dumanoir, que Julien Cosmao Kerjulien aurait souhaité la voir épouser son cousin germain Louis Aimé Cosmao Dumanoir, qu'elle connaissait bien, puisqu'il était attaché à son père depuis longtemps et vivait dans son intimité. Mais apparemment, Louis Aimé n'était pas de cet avis, préférant d'autres aventures féminines, et Zélie elle-même avait, semble-t-il, très tôt jeté son dévolu sur Charles Bazoche.
Elle suivit son mari dans toutes ses affectations, comme toute bonne épouse de marin : Brest, Toulon, puis à l'ile Bourbon quand il en fut le Gouverneur, accompagnée de son fils Adrien et de son fils ainé Amédée qui servait déjà dans la marine à cette époque (Sa fille Zélie était mariée avec Henry Orcel).
À leur retour de l'ile Bourbon, en 1846, après une escale à Sainte-Hélène, dont nous parlerons ci-dessous, ils s'installèrent à Brest où Charles Bazoche prit sa retraite.
Après la mort de ce dernier, en 1853, elle termina sa vie dans sa maison (2 rue de la Rampe - aujourd'hui rue Jean Macé) à Brest où elle mourut le 27 février 1873. Elle était alors pratiquement paralysée et ne quittait plus sa chambre. Elle est enterrée dans la tombe de la famille au cimetière Saint Martin à Brest (voir page Julien Cosmao Kerjulien § 2) . À cette occasion, la tombe fut recreusée pour lui faire la place.

Acte de naissance de Zélie Cosmao Kerjulien

2. DESCENDANCE


Elle eut cinq enfants dont trois survécurent, l'un d'eux seulement jusqu'à l'adolescence :

  1. Charles Julien Marie Bazoche (1816 - 1821)
  2. Amédée Jacques Marie Bazoche (1818 - 1856), sous-commissaire de la Marine qui épousa sa cousine issue de germains Marie Yvonne Cosmao Dumenez (1824 - 1884), dont il eut deux enfants :
    2.1 - Gabrielle Zélie Marie Bazoche (1847 - 1922) qui épousa Pierre Emmanuel Marie Bès de Berc (1839 - 1901), ingénieur des constructions navales, dont est issue la branche Bès de Berc ;
    2.2 - Raoul Joseph Marie Bazoche (*) , sous-officier qui ne fut pas un être très recommandable et mourut dans des conditions troubles, sans laisser de descendance.
  3. Zélie Marie Victorine Bazoche (1819 - 1898) qui épousa Henry Edouard Orcel (1814 - 1894), polytechnicien, professeur agrégé de mathématiques. Ils eurent trois enfants :
    3.1 - Marie Orcel (1843 - 1916) qui épousa son cousin (oncle à la mode de Bretagne) Edmond Auguste Cosmao Dumanoir (1830 - 1894) dont sont issus les Cosmao Dumanoir d'aujourd'hui.
    3.2 - Georges Orcel, officier de marine, mort jeune de maladie (3), sans descendance.
    3.3 - Berthe Orcel (1855 - 1861).
  4. Albert Bazoche - mort en bas âge. On ne sait rien de lui.
  5. Adrien Bazoche (1834 - 1850) Nous ne connaissons pas les raisons de sa mort à l'âge de 16 ans. Nous avons des lettres de lui écrites à sa sœur Zélie quand il était à l'ile Bourbon. Zélie le cite dans sa lettre du retour de l'ile Bourbon (voir ci-dessous) et Marcel en parle dans ses souvenirs.
(*)  Sur Raoul Bazoche, voir les souvenirs de Marcel Cosmao Dumanoir (voir la page Marcel Cosmao Dumanoir).

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3. LA LETTRE DE SAINTE-HÉLÈNE

Nous possédons une lettre de Zélie, écrite à l'occasion du voyage de retour et de l'escale qu'ils firent à l'ile de Sainte-Hélène, son mari et elle, en septembre 1846, à la fin de leur séjour à l'ile Bourbon.

Les deux premières pages de la lettre qui en comporte huit.
(C'est à la huitième ligne de la page 2 que Zélie parle de son fils Adrien : "... On a pris plusieurs requins-marteaux, le plus grand a été pris à bord par la ligne d'Adrien")

...
Le retour de l'ile Bourbon se fit par le Cap, sur la frégate l'Armide. On avait proposé à Bazoche de passer par l'Egypte, mais il préféra passer par le Cap, ne se sentant pas capable de supporter ce fatigant voyage (il a alors 62 ans).
Zélie raconte la première partie de son voyage. Nous apprenons qu'elle jouait fort bien du piano et savait mettre de l'animation.

Carte de Sainte Hélène : la frégate Armide était mouillée à Jamestown, capitale et principal port de l'île.

Voici quelques extraits concernant l'escale à Sainte Hélène, entre le 18 et le 21 septembre1846 :
...
« Le 20 [septembre] nous sommes allés voir le tombeau de Napoléon. Partis à 10 heures par un temps sombre, les montagnes couvertes d'un épais brouillard, et de la pluie par instant. J'étais extrêmement triste parce que Bazoche qui était un peu souffrant depuis quelques jours était dans ce moment dans l'impossibilité de nous accompagner étant retenu au lit par un lumbago. Cette fâcheuse circonstance me faisait m'absenter à regret, mais il l'a voulu, par bonté d'âme, et c'est peinée, et le cur triste, que je suis montée dans une des deux voitures qui nous attendaient au rivage. Mon attention a été fixée peu à peu, et à mesure que nous marchions, par l'aspect étrange qui se déroulait à mes yeux. Mais dans la disposition d'esprit dans laquelle je me trouvais, j'étais émue malgré moi, et le souvenir de Napoléon se mêlait assez naturellement à tout ce que je voyais.
...
Nous avons d'abord vu Briars que la famille Corbett n'habite plus. C'est une jolie petite propriété très peu étendue, et on ne comprend pas qu'on l'ait refusé au pauvre exilé.

La maison des Briars : c'est ici que Napoléon s'installa pour deux mois à son débarquement à Sainte-Hélène, en attendant que la maison de Longwood soit en état de le recevoir. Betsy Balcomb, fille des propriétaires, espiègle jeune fille de 13 ans à l'époque, avait charmé le cœur de Napoléon (on l'a surnommée "la petite fiancée de Napoléon"). Offerts à la France en 1959 par Mrs Mabel, arrière-petite-fille de Betsy Balcomb, les Briars constituent, après Longwood House et la Tombe, le troisième des domaines français de Sainte-Hélène. (Photo Jacques Macé)

...
En descendant de voiture à la vallée du Tombeau, nous avons trouvé là une personne qui nous attendait et pour nous dire qu'avant d'aller plus loin il fallait entrer dans la maison de Mrs Corbett.
Cette dame nous a présenté un registre sur lequel chaque visiteur inscrit son nom et ses réflexions. Nous en avons lu de bien sottes, de bien plates, de bien lâches, et bon nombre d'individus n'ont pris la plume que pour parler d'eux. Trop véritablement touchée par le souvenir de tant d'infortunes, après tant de grandeur, je n'ai pas fait des phrases, et je me suis contentée d'inscrire mon nom tout simplement. Après, nous sommes allés au tombeau dont l'état d'abandon augmente la tristesse qu'on éprouve en ces lieux. J'y suis descendue par une espèce d'échelle et quand je me suis trouvé dans cette tombe j'ai vu le sépulcre vide, j'ai pensé que celui qui n'y était plus avait aussi eu sa passion : il était plus qu'un homme ordinaire mais hélas ce n'était un Dieu que pour ses soldats.

Le tombeau de Napoléon. En 1840, le corps fut exhumé pour être transporté à Paris pour être inhumé dans la crypte des Invalides. Le tombeau est resté vide et ouvert un certain temps. C'est sans doute ainsi que l'a vu Zélie, puisqu'elle est descendu dedans. Par la suite, on y a mis une dalle pour le recouvrir.

J'ai déposé mon bouquet à la place où étaient ses pieds. Il a été effeuillé pour éviter qu'il ne soit vendu à d'autres visiteurs. Malgré moi, mon sentiment de mépris pour Marie-Louise s'est joint à ceux qui se pressaient dans mon esprit. Et j'en voulais à cette femme d'avoir si peu compris (ou de n'avoir pas voulu comprendre) la belle et noble mission qu'elle avait à remplir, elle était en même temps si simple, et si naturelle, qu'on s'étonna qu'elle ne l'ait pas accomplie par devoir si ce n'était par amour.
...
Après avoir vu les maisons des personnes qui accompagnaient Napoléon (la sienne sert maintenant d'écurie), nous avons continué à notre promenade dans l'île dont nous avons vu la plus grande partie.

Longwood House où vécut et mourut Napoléon. À l'époque où Zélie a visité Sainte-Hélène, la maison devait plus ou moins être à l'abandon, ce qui explique qu'elle dise qu'elle servait d'écurie. Ce n'est qu'une fois devenue propriété française qu'elle a été aménagée en musée.

Enfin nous avons traversé la maison de campagne du gouverneur où on nous attendait. Nous ne nous y sommes point arrêtés. L'heure était avancée. Je ne l'ai pas regretté. C'était l'habitation de Sir Hudson Lowe, et là on ne pouvait éprouver qu'une vive indignation en comparant les deux résidences et en se rappelant la conduite de cet impitoyable geôlier. »

À partir de 1854, l'empereur Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l'achat de Longwood House et de la vallée du Tombeau, qui devinrent propriétés françaises en 1858 et gérées depuis par le ministère des affaires étrangères. Par la suite (voir plus haut), les Briars rejoignirent l'ensemble formant ainsi territoires français dans l'ile de Sainte-Hélène, territoire d'outremer du Royaume Uni.

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Zélie était une personne très pieuse. Nous avons quelques textes de prières ou méditations de sa main, dont la prière ci-dessous :

4. Prière pour la tranquillité publique.

J'élève mon cœur vers vous Seigneur, père de tous les hommes. Accordez-nous, je vous en supplie, indulgence et pardon. Éclairez le cœur des mortels afin qu'ils reconnaissent que le Dieu du ciel et de la terre, leur père, n'est point un Dieu de colère et de meurtre. Embrasez le cœur des hommes d'un amour universel et détruisez dans leur âme la violence des passions, rendez leur la tranquillité et la paix, éclairez l'esprit des peuples et des souverains, afin que la justice, la douceur, la modération, la prudence et non la violence et le meurtre décident de leurs droits.

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