SITE DE LA FAMILLE COSMAO DUMANOIR
 

Date de la dernière mise à jour : 23.06.2012
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LOUIS-AIMÉ COSMAO DUMANOIR (1783 - 1864)

SOMMAIRE :

  1. Biographie
  2. Descendance

1. BIOGRAPHIE

Fils de Guillaume Cosmao Dumanoir (1752 - 1813), secrétaire des Commandements de la Marine, à Brest, et de Marie Josèphe Siviniant (1760 - 1832), Louis-Aimé naquit à Brest le 10 août 1783. Il fut l'aîné de la famille, son frère aîné Joseph, né en 1781, étant mort en bas âge.
Dès son plus jeune âge, il ressentit une vocation maritime qui fut favorisée par son père.
Á treize ans, il embarqua comme novice sur le Malabar.
Le 12 janvier 1799, il fut admis à l'École Polytechnique, alors qu'il n'avait pas 16 ans, sans doute le plus jeune n'ayant jamais été admis dans cette école. Sur sa fiche de l''École Polytechnique, il est décrit ainsi : "taille 1,63 m, cheveux châtains, yeux gris, front haut, visage ovale, menton rond".
Il en sortit, en 1801, comme aspirant de 1ère classe et embarqua sur le Jemmapes, commandé par son oncle Julien Cosmao Kerjulien, et fit campagne de Brest à Saint Domingue.
Dès ce moment, sa vie se lia à celle de son oncle. Pendant treize ans, il allait sans interruption, prendre sa part des dangers de la navigation de son parent et assister à tous les combats, à tous les hauts faits qui ont rendu célèbre l'amiral Cosmao Kerjulien.
Il rentra à Brest, en août 1802, puis embarqua sur le Mont Blanc qui rejoignit la Méditerranée.
En mars 1805, nommé enseigne de vaisseau auxiliaire, il suivit son oncle sur le Pluton et participa à toute la campagne de l'escadre de l'amiral Villeneuve et à tous les épisodes fameux où son oncle s'est illustré : prise du rocher du Diamant (2 juin 1805), combat du Cap Finistère (22 juillet 1805), bataille de Trafalgar (21 octobre 1805) et action du surlendemain au large de Cadix. Son oncle, dans une lettre adressée à son frère Guillaume (1er janvier 1806), loua la conduite de Louis-Aimé au cours de la bataille : « Aimé (sic) sera un jour un grand officier ». (voir la lettre en annexe § 10.2 de la page consacrée à Julien Cosmao Kerjulien). Il sollicitera pour lui la Légion d'Honneur en 1814 dans une lettre de recommandation au ministre en rappelant sa conduite à Trafalgar : « Dans le combat du 21 octobre 1805, il rendit des services signalés, en réorganisant la batterie de 18 que le feu de l'ennemi avait fait taire».
Il fut nommé enseigne de vaisseau à titre définitif, après la bataille. Il rejoindra ensuite l'escadre de la Méditerranée, à Toulon, où son oncle, promu contre-amiral, commande une division. Il lui servira en quelque sorte d'aide de camp (adjudant) jusqu'en 1814. Il participa ainsi à toutes les actions de ce dernier en Méditerranée contre les Anglais.
Il fut promu Lieutenant de Vaisseau en 1808.
En 1812 - 1813, il servit un moment avec son oncle dans l'escadre de l'Escaut à Anvers.
En 1814, lorsque son oncle quitte la Méditerranée, il resta à Toulon où il commanda successivement les flûtes la Caravane et la Ciotat .
Après la chute de Napoléon en 1815, en disgrâce, il fut affecté à un poste à terre, à Lorient, jusqu'en 1819, où il embarqua enfin à nouveau, sur le brick le Silène, puis la Duchesse du Barry et fit campagne aux Antilles (1819 – 1820).
Louis-Aimé resta ensuite affecté à terre à Lorient jusqu'en 1823, année où il fut promu capitaine de frégate (après 15 ans !) (1). Il embarqua alors sur la Vénus et commanda le brick-goélette l'Aigrette, de 1824 à 1827.
Commandant la corvette l'Eglée, il accueillit à son bord, à Toulon, le 28 juillet 1828, le savant égyptologue Jean-François Champollion et son équipe d'« explorateurs ». Louis-Aimé dont Champollion vanta « l'amabilité, les bons propos et les excellentes manières », lui offrit courtoisement sa cabine de commandant (2).
Ils cinglèrent vers Alexandrie qu'ils atteignirent le 18 août après que les passagers, séduits par « l'extraordinaire gentillesse du commandant Cosmao Dumanoir », lui aient souhaité son anniversaire, le 10 août.
L' Eglée rentra en France et Champollion demanda de « faire dire toute sorte de bien au Ministre de la Marine  » de Monsieur Cosmao Dumanoir « notre excellent commandant ».
Louis-Aimé fut promu capitaine de vaisseau, le 7 novembre 1828. Il commanda la goélette la Comète (entre Toulon et Malte), puis la frégate la Junon , puis l' Artémise, pendant l'expédition d'Alger, en juillet 1830, où il resta comme commandant de la Marine à Alger.
Il exerça ensuite sans discontinuer, de 1832 à 1839, le commandement de diverses frégates en Méditerranée puis, en 1840, celui du vaisseau le Friedland, à Cherbourg, puis en Méditerranée.
Promu contre-amiral, le 1er août 1842, il fut Major du port de Toulon et remplit pendant plus d'une année les fonctions de Préfet maritime par intérim en 1846 - 1847.
Ensuite, il fut nommé Préfet maritime (3) de Lorient, en 1847.
Lors de la révolution de 1848, il refusa l'accès de l'arsenal au commandant de la garnison locale qui voulait proclamer la République, arguant qu'il avait reçu ses pouvoirs de l'État et que s'il devait les exercer dans ces conditions, il demandait à être relevé de ses fonctions. Il fut effectivement relevé de ses fonctions et mis à la retraite, le 31 août 1848.
Commandant de la Légion d'Honneur, Chevalier de l'ordre de Saint-Louis, il avait alors 65 ans et il totalisait plus de 50 ans ½ de services, dont plus de la moitié à la mer (soit 12 ans ½ en paix et 13 ans ½ en guerre).
Il acheta une propriété à Lorient, le "Verger" (4) où il habita jusqu'à sa mort, partageant son temps entre cette maison et son appartement de la rue Poissonnière.
Il est décédé le 8 septembre 1864, à Lorient, et repose au cimetière de la rue de Carnel, à Lorient (5).

Louis-Aimé Cosmao Dumanoir vers 1860

Luois-Aimé Cosmao Dumanoir
vers 1860

Notes :

(1). Pourtant, en 1814, son oncle Julien était intervenu auprès du Ministre de la Marine de Louis XVIII, notamment en ces termes : "J'ai l'honneur de réclamer de votre bonté et de votre justice l'avancement de MM. Cosmao Aimé (et Thirot Bonaventure), lieutenant(s) de vaisseau au(x) grade(s) de capitaine(s) de frégate … Cosmao Aimé, après avoir achevé son instruction première à l'École Polytechnique entra comme aspirant de 1ère classe dans la marine il y a 15 ans. Il fit toutes les campagnes de la Paix d'Amiens ; à Saint-Domingue sur le vaisseau Jemmappes et la frégate la Libre ; dans les échelles du Levant et à Constantinople sur le vaisseau le Scipion. Toute cette dernière guerre, il l'a faite immédiatement sous mes ordres, en qualité de lieutenant de vaisseau et mon adjudant depuis 1808. À la prise du rocher du Diamant à la Martinique, au combat du Cap Finistère et à la malheureuse affaire de Trafalgar, qui ne furent pas sans gloire pour le vaisseau le Pluton que je commandais. Et récemment sur le Wagram dans notre engagement contre l'armée anglaise devant Toulon, il a toujours montré à mes côtés le courage calme et réfléchi qui, à l'aide d'un talent mûri, nous donne les grands capitaines."
(2). Les citations sont extraites de la correspondance de Champollion.
(3). La fonction de préfet maritime fut créée, juste après celle de préfet, le 27 avril 1800 (7 floréal an VIII), par le Premier Consul. Ses attributions étaient identiques à celles d'un préfet dans son domaine de responsabilité : la sûreté des ports, la protection des côtes, l'inspection des rades et des batiments qui y sont mouillés. Il exerce en plus le commandement militaire de la zone maritime. Depuis, les attributions ont été précisées et étendues à plusieurs reprises. Sauf pour les ports, sa zone de responsabilité commence à la laisse de basse mer et finit à la "limite des intérêts de l'État". Depuis 1837, c'est obligatoirement un officier général de la marine qui exerce cette fonction. Actuellement, il n'y a plus que trois préfectures maritimes (Toulon, Brest et Cherbourg).
(4). La propriété échut par la suite à son petit fils Eugène Cosmao Dumanoir dont la veuve, la "tante Agnès", habita la maison jusqu'à sa mort en 1970. Endommagée lors des bombardements alliés de Lorient pendant la 2ème Guerre mondiale, elle avait été reconstruite avec les dommages de guerre. Elle a été vendue par ses héritiers en 1971 à la ville de Lorient. Après plusieurs utilisations, maintenant en pleine ville, la maison, baptisée "Villa Cosmao", a été transformée depuis 1995 en maison d'accueil pour l'Insertion Professionnelle et Sociale des Handicapés (AIPSH) spécialisée dans l'accueil des autistes (voir photo ci-dessous). Le jardin (appelé "jardin Cosmao Dumanoir") a été conservé et aménagé pour en faire un parc public, autour de la villa.

La maison du Verger vers 1890

La "Villa Cosmao", ancienne maison du Verger, rénovée et transformée.
(6 rue François Jégou à Lorient)

(5) Voir ci-dessous les tombes de la famille Cosmao Dumanoir au cimetière de la rue de Carnel à Lorient (1ère tombe à gauche en entrant - carré 37 - tombe 1).

Les tombes de la famille Cosmao Dumanoir au cimetière de la rue de Carnel à Lorient :

  • Famille Cosmao Dumanoir :
    Mélanie Mancel épouse Cosmao Dumanoir (1791 - 1863) E
    Louis-Aimé Cosmao Dumanoir (1783 - 1864) E
    Henri Cosmao Dumanoir (1867 - 1868) E
    Edmond Cosmao Dumanoir (1830 - 1894) E
    Marie Orcel épouse Cosmao Dumanoir (1843 - 1916) E
    Magdeleine de la Barrière épouse Cosmao Dumanoir (1884 - 1943) D
    Maurice Cosmao Dumanoir (1879 - 1965) D
  • Famille Vivier :
    Paul Vivier (1847 - 1893) (époux d'Eugénie Noyon) A
    Pierre Vivier (1884 - 1902) (fils du précédent) A
    Eugénie Noyon épouse Vivier (1851 - 1946) (fille d'Elisabeth Cosmao Dumanoir épouse Noyon) A
    Elisabeth Vivier (1880 - 1969) épouse D'Etroyat (fille de Paul et Eugénie) A
    Victor d'Etroyat (1873 - 1934) (époux d'Elisabeth Vivier) B
  • Famille Noyon
    Paul Noyon (1857 - 1878) (fils d'Elisabeth Cosmao Dumanoir épouse Noyon) B
    Edward Noyon (1850 - 1885) (frère du précédent) B
    Elisabeth Cosmao Dumanoir épouse Noyon (1820 - 1890) (fille de Louis-Aimé et Mélanie - 2ème épouse d'Edouard Noyon) B
    Eugénie Cosmao Dumanoir épouse Noyon (1823 - 1845) (fille de Louis-Aimé et Mélanie -1ère épouse d'Edouard Noyon) C
    Albert Noyon (1845 - 1846) (fils de la précédente) C
    Edward (ou Edouard) Noyon (1816 - 1866) (époux en 1ères noces d'Eugénie et en 2èmes noces d'Elisabeth Cosmao Dumanoir) C

2. DESCENDANCE

D'après son petit fils, Marcel Cosmao Dumanoir , Julien Cosmao Kerjulien « avait rêvé d'unir sa fille Zélie à son neveu Louis-Aimé, mais les deux cousins s'étaient loyalement expliqués entre eux et avaient convenu de rester des cousins fraternels ». L'union des deux familles se réalisera plus tard.- (voir ci-dessous).
Louis-Aimé épousa, le 5 juillet 1819, Mélanie Mancel (1791 - 1863), fille de René Mancel (1735 - 1807) et de Jeanne Le Gouardun (1758 - 1838). Le frère de Mélanie, Eugène Mancel (1789 - 1875), fut président du Tribunal de Commerce de Lorient, puis sous-préfet de Lorient et préfet de plusieurs départements, révoqué à la révolution de 1848, puis président de la Compagnie des Mines et Chemins de fer de Carmaux.
Ils eurent 4 enfants :

  1. Elisabeth Mélanie Cosmao Dumanoir (1820 – 1890) qui épousa Edouard (ou Edward) Noyon (1816 - 1866), ingénieur des Ponts et Chaussées, veuf en 1ères noces de sa sœur puînée Eugénie, dont les descendants sont : Sébert, Ruban, Delaire, etc.  ;
  2. Eugénie Joséphine Cosmao Dumanoir (1823 – 1845) qui épousa Edouard Noyon (voir ci-dessus), sans descendants connus aujourd'hui  ;
  3. Léon Armand Cosmao Dumanoir (1828 – 1908) qui épousa sa cousine germaine Amélie Cosmao Dumanoir (1836 - 1885) (fille de Fidèle Cosmao Dumanoir) – officier de marine - ils eurent 4 enfants :

    3.1- Léon Louis Cosmao Dumanoir (1859 - 1926), officier de marine, surnommé "le sec de Noisy" car il habitait Noisy-le-Sec, sans descendance ;

    3.2 - Amélie Cosmao Dumanoir, née en 1860, qui épousa Henry Lejeune (1851 - 1893), son cousin germain, fils de Caroline Cosmao Dumanoir (fille de Fidèle), sans descendants aujourd'hui ;

    3.3 - Marie Edmée Cosmao Dumanoir (1863 - 1939) qui épousa Auguste Mercier ( - 1931), médecin de la marine, dont 3 enfants :
    3.3.1 - Jean Léon Marie Mercier (1891 - 1915), officier de cavalerie, mort pour la France en 1915, sans descendance ;
    3.3.2 - Léon Joseph Marie Mercier ( 1892 - 1942), officier de marine, tué lors du débarquement américain à Casablanca, le 8 novembre 1942, sur la passerelle du croiseur Primauguet qu'il commandait. Il épousa sa cousine issue de germains Suzanne Cosmao Dumanoir, fille de Marcel. (Voir la page qui lui est consacrée) ;
    3.3.3 - Anne Mercier (1896 - 1945), sans descendance ;

    3.4 - Eugène Edouard Cosmao Dumanoir (1867 - 1915), officier de marine, disparu avec le cuirassé Bouvet, lors de l'attaque des Dardanelles, le 18 mars 1915. Il avait épousé Agnès Coquelin de Lisle (1878 - 1970). Sans descendance. (Voir la page qui lui est consacrée).

    4. Edmond Auguste Cosmao Dumanoir(1830 – 1894) polytechnicien, actuaire à la Nationale-Vie, après une carrière comme officier d'infanterie. (Voir la page qui lui est consacrée) qui épousa, le 12 mars 1866, Marie Orcel (1843 - 1916), sa cousine (sa nièce à la mode de Bretagne), l'arrière-petite-fille de Julien Cosmao Kerjulien, réalisant ainsi l'union des deux familles souhaitée par ce dernier, Tous les Cosmao Dumanoir d'aujourd'hui descendent de lui.

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Nous n'avons , malheureusement, pas de portrait de Louis-Aimé. Sans doute n'aimait-il pas qu'on en fasse de lui. C'est dommage!

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