SITE DE LA FAMILLE COSMAO DUMANOIR
 


Date de la dernière mise à jour : 23.06.2012
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GUILLAUME COSMAO DUMANOIR (1752 - 1813)

SOMMAIRE :

  1. Biographie
  2. Descendance
  3. Testament de Guillaume Cosmao Dumanoir
  4. Anecdote : Noël Siviniant

1. BIOGRAPHIE

Guillaume était le 6ème enfant de Jacques Cosmao (1718 - 1780), notaire et procureur royal, et de Louise Jacquette Cuzon (1728 - 1802). Il naquit le 20 avril 1752, à Châteaulin.
Il fut le premier des fils Cosmao à avoir pris un surnom : "Dumanoir". Pourquoi ce surnom? On n'en sait rien, car, d'après son arrière-petit-fils Marcel Cosmao Dumanoir, cela ne faisait pas référence à une quelconque propriété. Aujourd'hui, ses descendants sont les seuls des descendants de Jacques Cosmao, le notaire, à porter le patronyme de Cosmao.
Il fut également le premier de la famille à avoir servi dans la Marine. Il ne fut pas un marin, nous le verrons par la suite, car il officia dans les services, mais, c'est à partir de lui que date la tradition navale et que la famille a fourni un grand nombre d'officiers de marine, commissaires de la marine, médecins et chirurgiens de la marine et autres ingénieurs des constructions navales (*).
Guillaume Cosmao Dumanoir fit des études de droit avant de s'orienter vers la Marine, il était bachelier en droit et les actes d'état-civil lui attribuent la fonction d'avocat au Parlement.
L'état de services de Guillaume Cosmao Dumanoir dans la Marine commence officiellement le 1er janvier 1777, mais on pense qu'il travaillait déjà au profit de la Marine, comme secrétaire auprès du Commandement de la Marine à Brest. En effet, il avait apparement déjà une position dans la Marine qui lui a permis d'aider son jeune frère Julien Cosmao Kerjulien à s'engager comme volontaire, en 1776.
Jusqu'en 1778, il fut secrétaire en chef du Commandement de la Marine à Brest. Le 1er juillet 1778, il embarqua comme secrétaire général de l'escadre de l'amiral d'Orvilliers sur le vaisseau la Bretagne, jusqu'au 3 septembre 1779. Ce sera son seul embarquement. Il participe le 27 juillet 1778, à la bataille d'Ouessant : bataille sans grands résultats, les Anglais ayant rompu le combat. (son frère, Jacques Cosmao Dumenez se trouvait également à ce combat sur la Bretagne). Il y obtient les appréciations suivantes : "honoré de la confiance intime de M. d'Orvilliers, il fit les campagnes de 1778 et 1779 sur le vaisseau la Bretagne sous les ordres de ce général, après lesquelles il reprit son détail au Secrétariat du Commandement où il a constamment joui de la confiance des divers commandants qui y ont succédé à ce général."
À son retour à Brest, il reprit donc ses fonctions de secrétaire en chef du Commandement de la Marine à Brest, notamment auprès du Comte d'Hector, commandant de la Marine à Brest.
En 1792, la situation ayant changé, le Comte d'Hector ayant émigré, Guillaume Cosmao Dumanoir, étant considéré comme un citoyen très dévoué à la république, poursuivit sa carrière. Il devint sous-chef de l'administration, chargé du détail des chantiers et ateliers de Brest. Il fut ensuite chargé du détail du magasin général de Dunkerque jusqu'en mai 1793. Au cours de cette affectation, il fut envoyé en Belgique pour exploitation de bois.
Rentré pour quelques mois à Brest, en 1793, il reprit les mêmes fonctions qu'auparavant.
Le 27 mai 1793, il fut affecté à Lorient où il restera comme chef des bureaux civils de la Marine, puis avec le grade de commissaire de la marine qui lui est attribué en 1800, comme chargé du détail puis des approvisionnements du port de Lorient.

L'annonce de la nomination de commissaire de la marine de Guillaume, lettre signée le 20 octobre 1800 (5 brumaire an IX) par le ministre de la Marine Forfait


Il mourut le 29 janvier 1813, à Lorient, et où il est enterré au cimetière de la rue de Carnel.

La tombe de Guillaume et Marie Josèphe Cosmao Dumanoir (une des plus vieilles du cimetière de la rue Carnel à Lorient - Carré 31 - tombe 37) et de leur fille Josèphe épouse d'Hercule Gaude, disparu en mer.
(la tombe est en très mauvais état)

Comme son frère Julien Cosmao Kerjulien, Guillaume Cosmao Dumanoir fut franc-maçon, « frère » à l'Orient de Brest, à la loge de Saint-Jean, sous le signe distinctif de l'Heureuse Rencontre.

(*) À commencer par ses trois frères plus jeunes que lui: Jacques Jean Gabriel Cosmao Dumenez (1759 - 1813), commissaire de la marine, Julien Cosmao Kerjulien (1761 - 1825), contre-amiral, et Jean Marie Cosmao Kermenguy (1767 - 1827), commissaire de la marine, et ses trois fils : Louis Aimé (1783 - 1864), contre-amiral, Fidèle (1788 - 1858), capitaine de vaisseau, et Esprit (1797 - 1817) , officier de marine, sans compter de nombreux de ses neveux. Ses deux filles ont aussi épousé des officiers de marine.

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GuillaumeCD

Guillaume Cosmao Dumanoir et son épouse Marie Josèphe Siviniant

2. DESCENDANCE

Le 30 octobre 1780, Guillaume Cosmao Dumanoir épousa, à Brest, Marie Josèphe (ou Joséphine) Siviniant (ou Sivignant) (1760 - 1832), fille de Noël Siviniant (1718 - 1781), notaire royal et greffier de la marine, et de Marguerite Marzin (1726 - ). (voir ci-dessous des commentaires sur Noël Siviniant).
Son frère Jean César Siviniant (1746 - 1817), greffier des tribunaux militaires, joua un rôle important à Brest au moment de la Révolution, d'abord pour la préparation des États Généraux, en participant à la rédaction des cahiers des charges, puis à la municipalité de Brest, jusqu'en 1793. Il échappa de peu à la guillotine, après la chute de Robespierre en 1793.
Guillaume et Marie-Josèphe eurent 6 enfants :

  1. Joseph Gabriel Armand Cosmao Dumanoir né le 30 août 1781, mort en bas âge;
  2. Louis Aimé Cosmao Dumanoir, né le 10 août 1783 (voir la page le concernant). Les Cosmao Dumanoir d'aujourd'hui descendent tous de lui ;
  3. Césarine Marie Charlotte Cosmao Dumanoir (1784 - 1859) qui épousa Bonaventure Thirot (1781 - 1850), ami de Louis Aimé, comme lui aspirant sur le Pluton à Trafalgar, qui dut quitter la Marine en 1815. De leur union sont issus : les La Poix de Fréminville, Krieg, Krebs, Paulet, Garnier, Chamming's etc.
  4. François Jean Armand Fidèle Cosmao Dumanoir, appelé "Fidèle" (1788 - 1858), officier de Marine qui épousa Adèle Marie Jacquette Le Tourneur (1798 - 1892) (nièce de Marie Françoise Rolland de Bassemaison, épouse de Jacques Jean Gabriel Cosmao Dumenez, frère de Guillaume Cosmao Dumanoir). Ils eurent 4 enfants :

    4.1 - Adèle Joséphine Cosmao Dumanoir (1823 - 1907) qui épousa Armand Lejeune (1818 - 1892), officier de marine, veuf en 1ères noces de sa sœur puînée Caroline (voir ci-dessous). Sans descendance connue aujourd'hui ;

    4.2 - Caroline Henriette Cosmao Dumanoir (1825 - 1858) qui épousa Armand Lejeune (voir ci-dessus), dont les descendants sont : Michaud, Le Fournier, Faure-Muret (Andrée Faure-Muret épouse de Jean Mercier) ;

    4.3 - Amélie Eugénie Jenny Cosmao Dumanoir (1827 - 1835) ;

    4.4 - Amélie Marie Cosmao Dumanoir (1836 - 1895) qui épousa son cousin germain Léon Cosmao Dumanoir (1828 - 1908), fils de Louis Aimé, officier de Marine dont les descendants actuels sont les Mercier.
  5. Josèphe Eugénie Cosmao Dumanoir (1790 - 1871), qui épousa Hercule Gaude ( - 1827), officier de marine disparu en mer. Branche éteinte.
  6. Esprit Eugène Cosmao Dumanoir (1797 - 1817), officier de marine, péri en mer, sans postérité.

3. TESTAMENT DE GUILLAUME COSMAO DUMANOIR

La 1ère page du testament de Guillaume

"L'union et la bonne harmonie qui ont constamment régné dans ma famille, me font désirer qu'après moi ces sentiments survivent, et me déterminent à faire connaître mes dernières volontés.
Le contrat de donation que nous avons contracté ma femme et moi, doit avoir son plein effet, et mon intention bien précise est que la compagne de mes plaisirs comme de mes peines, jouisse sa vie durant de tous mes biens quelconques.
Mes trois garçons ayant reçu une éducation qui a occasionné de fortes dépenses, il est juste que mes filles Eugénie et Caroline* retrouvent après moi, quelques ressources. Ma volonté est donc que tout le numéraire qui se trouvera après ma mort, leur serve de dot, sans que pour cela, on puisse leur rien précompter lorsqu'il y aura lieu, après la mort de ma femme, à faire un partage égal des meubles et immeubles de la succession, entre mes cinq enfants.
Je recommande à tous mes enfants de continuer leurs sentiments d'affection pour la respectable compagne que je laisse après moi, et à mes garçons de vivre entre eux en bons frères, et d'avoir pour leurs sťurs, les sentiments d'amitié qu'elles méritent de leur part."

À Lorient, le 14 mai 1812.
Guillaume Cosmao

* Il s'agit de Césarine qui est souvent appelée Caroline, alors que ce prénom ne figure pas dans ceux de son état civil. (voir la lettre de Julien à son frère Guillaume)

4. ANECDOTE : NOËL SIVINIANT

Nous savons que Noël Siviniant, beau-père de Guillaume Cosmao Dumanoir, a eu quelques démêlés avec la justice.
En 1774, son épouse Marguerite, née Marzin, se décide à écrire au duc de la Vrillière, ministre et secrétaire d'état, pour lui signaler l'inconduite de son mari avec lequel elle est mariée depuis plus de vingt-cinq ans.
Elle se plaint de son alcoolisme qui le rend très fréquemment complètement abruti et incapable de mener ses activités normales. Il a par ailleurs une vie de libertinage des plus scandaleuses : fréquentation de filles de mauvaise vie qu'il ramène même chez lui, ce dont il ne se cache pas, même devant ses enfants. Il se bat fréquemment et rentre couvert de contusions.
Il brutalise également son épouse et ses enfants et se conduit parfois comme un fou furieux.
Marguerite demande que son mari soit interné et se dit prête à contribuer aux frais de pension et d'entretien.
La lettre est cosignée de témoins (le curé, les domestiques et le chirurgien qui atteste que Noël a transmis à son épouse une maladie vénérienne).
À la suite de cette lettre, le sieur Noël Siviniant sera interné à Pontorson, d'où il sera libéré au bout de quelques temps, ayant fait amende honorable et s'étant engagé à retrouver une conduite normale, ce qui s'est produit apparemment, puisqu'il est décédé en activé de greffier près les tribunaux de la Prévotée à Brest, en 1781, et que son épouse a perçu une pension à la suite de son décès.

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